Exposition « Tout est une fois » par Christian Janicot

Exposition « Tout est une fois »

Par Christian Janicot

Vernissage:  le 10 novembre à partir de 18h30
Exposition:  du 10 novembre au 20 décembre 2015, du mardi au samedi de 14h30 à 19h
Lieu: Galerie du Pont Neuf – 23 place Dauphine, 75001 Paris.

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Pour ce travail de Christian Janicot tout commence par une carte de voeux, forme accomplie de l’ironie et  du détachement, les voeux ne changent rien aux années qu’ils annoncent. C’est un usage récurrent qu’il convient de rejouer avec légèreté et pleine conscience. Identifier ou associer des signes qui témoignent de son état d’esprit, de ses voyages, des lieux qu’il comprend, additionne et entreprend d’envoyer à ses amis.

A cette fabrication spontanée vient se développer un travail sur une photographie plus captive, faite  de natures mortes, de vitrines, de fenêtres. Une photographie d’images qui mobilisent une grande culture visuelle et pas mal d’excentricité aussi.

Enfin la dernière part de ce travail commence par des croquis extrêmement précis qu’il reproduit ensuite en studio avec le concours de modèles (à ce titre on devra dévoiler l’existence de nombreuse photographies pourtant jamais réalisées ainsi que de certains succès fort éloignés de leur origine, talent des modèles et imprévisibilité de la photographie obligent).

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Bien sûr rien n’interdit une certaine perméabilité entre ces trois catégories de photographies. C’est vrai pour la lecture individuelle des images, ça l’est plus encore pour l’accrochage de l’ensemble exposé aujourd’hui, construit autour de séquences d’images associées trois par trois.

Une syntaxe qui fait directement référence aux haïkus, rend hommage à la pensée en mouvement et ouvre la possibilité d’une narration au delà des images.

« Tout est une fois » est une série empreinte de reconstruction. Que fait cette figurine de plomb, les bras écartés au centre d’une image? La circulation de notre regard? La toupie arrêtée? Une jolie femme nue fait le poirier, un pullover tombé au bas de l’image se mêle à ses cheveux. Qui est elle ?

A la fenêtre une silhouette de dos, droite, domine une cascade de buildings lointaine. Où sommes nous ?

Pulsion heureuse, reconstruction d’un monde à toute petite échelle, paysage urbain qui tient dans la main?

Tout est ici question de reflet. Pas dans le verre dépoli d’un Rolleiflex mais, plus quotidien, à la surface brillante d’un smart phone, plus que jamais miroir et inventeur d’un monde que Christian Janicot reconnaît, regarde.

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Des reflets frontaux ou obliques viennent tour à tour capturer et transformer les images en rêve parfait ou déjà en fuite. Une collection de signes heureux, justes, opposés à l’arrêt du temps cher à la photographie, qui s’additionnent sans souci apparent de genre ou d’époque.

Jeux de piste urbain, images d’images, on est au seuil de mondes inventés, forcément incomplets, où l’irruption du réel ne vient pas de ce qui serait sauvé ou préservé par l’image mais de la furieuse envie d’aller rejoindre ces mondes, d’entrer dans les photographies et s’assurer que tout y est invention.

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Comme dans la vitrine de cette diseuse de bonne aventure new-yorkaise où

« Past, Present, Future» écrit au fil néon hypnotise et donne le sentiment étrange d’une lumière qui prend sa source hors de la photographie. Le reste, d’un gris sourd, presque solarisé remplit le fond de l’image: boulle de cristal, rideaux, lustre à pampilles anciennes et promesses de boniments infinis. Retour au présent face au néon « Past, Present, Future»

Un temps, une image, la magie de la photographie.

 

Thomas Doubliez

 

 

03. novembre 2015 par thomasdoubliez
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Exposition « Bitter Honeydew » par Kirill Golovchenko

Exposition « Bitter Honeydew » 
Par Kirill Golovchenko

Exposition dans le cadre de What’s up Photo doc: du 12 au 15 novembre 2015
Lieu: La Bellevilloise – 19 / 21 rue Boyer, 75020 Paris

 

« Bitter Honeydew » (Melon Amer) est un travail et un livre éponyme de Kirill Golovchenko, lauréat du prix EPAP 2014.

 

Bitter Honeydew

Agitation, chaos, surabondance, hypermarché au sens littéral du mot, de prime abord on assiste à une gargantuesque foire au melon en Ukraine l’été. Les vendeurs viennent des républiques voisines de Géorgie, d’Azerbaïdjan ou d’Arménie, à la recherche de moyens de subsistance.  L’histoire se complique encore quand on sait que le travail documentaire qui se propose de suivre ces vendeurs itinérants de melons amers est effectué exclusivement de nuit, le long des routes nationales, dans un pays en proie aux désordres les plus profonds. Profonds comme la nuit justement, qui cadre et enferme les images jusqu’à en devenir le principal sujet. Un sujet forcément caché, comme si une immense pagaille généralisée avait élu là domicile et protection.

Bitter Honeydew

Personnes dénudées ou au minimum dépoitraillées s’occupent à cette invraisemblable industrie, mêlant ça et là mauvais garçons, prostitution et familles de vendeurs ensommeillés.

Une Babel réveillée par une lumière tranchante qui perce la nuit et vient éclairer à chaque fois un point précis de ce chaos généralisé.  Nature morte de melons savamment disposés sur une tablette de formica, offrande. Couteau et verre côte à côte, sacrifice. Tournesols desséchés, que viendrait faire le soleil ici ?

Bitter Honeydew

Partout le choix de révéler des fragments de cette vie aux ressorts absurdes et de garder la nuit intacte, tout à la fois réceptacle du chaos ou possibilité du rêve.

Un même dispositif de prises de vues sera déployé par Kirill Golovchenko place Maïdan durant les manifestations monstres de 2014, en Ukraine. Avec de nouveau un dialogue entre éclats lumineux et nuit noire.

Bitter Honeydew

Une approche documentaire et artistique marquante qui fait de son auteur un artiste éminent de la nouvelle scène photographique qui de Berlin à Moscou révolutionne la photo aujourd’hui.

 

Thomas Doubliez

 

03. novembre 2015 par thomasdoubliez
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Exposition « Sinai Park » Par Andrea & Magda

Exposition « Sinai Park »

Par Andrea & Magda

Exposition:  du 12 novembre 2015 au 17 janvier 2016
Lieu: Maison Européenne de la Photographie – 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris

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Le Sinaï a subi de plein fouet l’effet de la révolution Égyptienne : dans les villages hôteliers de la côte de la mer rouge, « Tahrir » est synonyme de catastrophe économique. Si l’Égypte parie massivement sur le secteur du tourisme dans le Sinaï, c’est la quasi-totalité de l’économie locale qui repose sur l’industrie touristique. Un pari risqué, car cette mono-économie est lourdement fragilisée à chaque séisme politique ayant un écho médiatique international. Les attaques terroristes survenues dans les années 2000, l’Intifada de la proche Palestine, la révolution Égyptienne, puis récemment l’émergence de groupes affiliés à Daesh au nord du Sinaï affectent la confiance des occidentaux, pilier principal des rouages du secteur.

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Seul à Sharm el Sheikh, îlot de carton-pâte sous contrôle ultra-sécurisé, les tour-operators sont en nette reprise, misant sur les « package all-inclusive discount ». Les grosses chaines hôtelières se vantent de la reprise des réservations depuis l’élection du général Al Sissi, et les travailleurs hôteliers venus des quatre coins d’Égypte s’enorgueillissent d’un gouvernement qui exhibe ses atouts militaires en preuve de force. Dans le reste du Sud Sinaï, des carcasses d’hôtels fantômes, abandonnés ou jamais terminés, recouvrent toute la côte de Taba à Sharm el Sheikh. Les bédouins, population nomade indigène du Sinaï, subissent une politique de contrôle militaire sévère, et sont largement mis à l’écart de la manne touristique.

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Le développement d’un tourisme gourmand mené par les investisseurs cairotes et les pays du Golfe a métamorphosé le territoire : une architecture d’ampleur démesurée, un environnement ravagé par la spéculation immobilière, une culture locale folklorisée, et un morcellement extrême des espaces sous haute surveillance militaire. Le Sinaï des palais de plâtre et des décors de mille et une nuits ressemble à un non-lieu, tel que l’ethnologue Marc Augé avait défini les lieux produits par la  mondialisation : un monde artificiel et naïf, détaché de la réalité locale et conforme à l’imaginaire d’un folklore standard et faussement rassurant.

03. novembre 2015 par thomasdoubliez
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4 MOIS, L’ATELIER PHOTOGRAPHIQUE

Maitres de stage-Bruno Boudjelal & Thomas Doubliez

De Septembre 2015 à Janvier 2016.

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Ce workshop de longue durée  offrira à chaque participant la possibilité de développer un projet personnel en étant soutenu et conseillé à chaque étape de sa construction : de la pertinence du portfolio initial au regard du projet à construire, de la définition et l’identification de celui-ci, des premières mises en œuvre du projet, du lien entre la prise de vue et la nature du sujet, de l’editing puis enfin de la restitution photographique. Une rencontre avec un acteur clé de la photographie sera proposé durant chaque weekend de groupe. Permettant un accès aux champs photographiques suivants : presse, édition, critique et institution photographique. Enfin les travaux réalisés seront exposées la dernier semaine de janvier à la Galerie-T.

[ Les Particularité du workshop ]

  • Une durée de quatre weekends complets en groupe, alternant avec quatre rencontres individuelles de suivi du projet.
  • Chaque mois une rencontre avec un expert de la photographie contemporaine.
  • Une mise en forme des projets en tirages, projection ou maquette de livre.
  • Une exposition d’une semaine à la Galerie-T dans dans le 9 ème arrondissement de paris en clôture du workshop.


[ Qui peux profiter de ce workshop? ]

  • Photographes professionnels : trouver de nouvelles directions, se confronter à un groupe. Cet atelier sera un lieu d’échanges d’idées, de débats et de mises en formes de nouvelles propositions.
  • Etudiants: affiner son projet photographique, se préparer à rentrer dans la vie professionnelle, établir des dossiers pour des bourses ou des concours, donner du sens à son travail et le mettre en forme.
  • Amateurs: développer sa pratique, se confronter à des professionnels, interroger son rapport au monde à travers la photographie et tout simplement l’envie d’échanger avec les autres sur sa passion.

[ Programme du workshop ]

  • Analyse et construction d’un portfolio.
  • Définition d’un projet photographique.
  • Prises de vues et nature du sujet.
  • Editing et choix de restitution: séries tirages, slide show ou maquette de livre.
  • Mise en forme.
  • Construction de l’exposition collective.

 

[ Bio de tutors ]

Bruno Boudjelal

Français d’origine algérienne, membre de l’agence VU’, il pratique la photographie comme un mode de vie qui interroge sans cesse sa propre identité et nous confronte à la nôtre. Après une première exploration de la communauté turque en France il se lance dans une exploration personnelle de l’Afrique et l’Algérie qui dure depuis deux décennies .

Son travail est exposé par de nombreuses institutions : le musée de l’Immigration, le musée Nicéphore-Niepce, l’Institut du Monde Arabe, le MUCEM, le MAC de Marseille, les RIP d’Arles, la Fondation Calouste-Gulbenkian à Lisbonne, le musée d’Art moderne d’Alger, le Stedeliijk  Museum à Amsterdam.

Il est représenté par la TD Galerie à Paris et la Galerie Michael Stevenson en Afrique du Sud.


Thomas Doubliez
Galeriste fondateur de la TD galerie et commissaire d’exposition ( Arles, Mois de la Photo à Paris) il a dirigé  le département presse de l’agence MAGNUM à Paris de 1990 à 1999 avant de développer de 2000 à 2012 la presse internationale puis les projets spéciaux de l’agence VU’. A ce titre il a notamment créé les workshops de l’agence VU’.

 

[ 4 MOIS-L'ATELIER PHOTOGRAPHIQUE
avec Bruno Boudjelal & Thomas Doubliez 
]

>Dates et programmes du wokrshop
:

  1. 26 – 27 Septembre 2015 de 10h à 18h
    Présentation des portfolios et séries des stagiaires, analyse, critique et confrontation aux travaux des maitres e stage.
    Premières propositions de sujets à réaliser, critique et définition. .
    Invitée: directrice photo de presse.
  2. 24 – 25 Octobre 2015   de 10h à 18h
    Projection collective des premiers travaux réalisés, critique, analyse et confrontation de travaux existants en résonance avec ces projects ( livres, projections) et validation.
    Invitée: directrice du département photo d’une institution muséale.
  3. 21 – 22 Novembre 2015    de 10h à 18h
    Seconde projection collective des travaux réalisés, critique, analyse, editing et mise en forme des travaux.
    Invitée: Editeur de livre de photographie
  4. 19 – 20 Décembre  2015 de 10h à 18h
    Séquençage, mise en forme et restitution finale des travaux
    Invitée: Critique photographique de la presse écrite.
  5. 26 – 30 Janvier 2016
    Exposition à la Galerie-T, Paris 9
    29 rue de Trévise, 75009, Paris*Rencontres individuelles de 30 minutes  les samedis 10 Octobre, 8 Novembre, 6 Décembre 2015 , et 9 Janvier 2016. 

>Localisation workshop: 34, rue Dussoubs 75002 Paris

>Participation limitée: 15 personnes

>Droits d’inscription: 1250€

>Contact: Contactez thomasdoubliez@gmail.com si vous avez des questions sur le workshop.

>Inscription: Veuillez remplir le formulaire ci-dessous

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14. mai 2014 par thomasdoubliez
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Exposition Bruno Boudjelal
« Détours-retour »

Thomas Doubliez & La Galerie du Pont Neuf present
A le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition

Vernissage: 06, Novembre, 2014   /   18:00 – 21:00
06/11/2014 – 30/11/2014 (Tljs)
14:30 – 19:00
Thomas Doubliez et La Galerie du Pont Neuf,  23 Place Dauphine 75001, Pari

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Détours-retour se conçoit comme la fin auto-proclamée de l’aventure algérienne de Bruno Boudjelal. Deux séquences très construites, format carré, noir et blanc, encadrent ce travail. La première, saccadée, multiple, de Blida à Alger, intitulée « Frantz Fanon », champion toutes catégories des détours-retour, et la seconde, « Retour », à Marseille, singulière, apaisée.

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Entre elles, des fragments moins structurés, à la genèse moins volontariste, prennent place. Parfois en couleur, dans une géographie moins définie, la mer, ses rives, des instants amicaux ou douloureux impriment la pellicule. Des preuves de vie comme en envoient les photographes, carnet de note où l’on enregistre parfois plus que l’on ne restitue, et dont Boudjelal joue avec infiniment de détachement. De discernement aussi, quand ce travail de relecture dont nous sommes les spectateurs, ouvre la porte à de véritables éblouissements camusiens.

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Et puis à nouveau le doute, qui ressemble à un TOC tant il ponctue tous les instants, « il faut voir », de peur de voir faux. Une attitude à ranger finalement dans les manifestations d’élégance, qui refuse de montrer une image qui n’allie processus de création et création elle-même, qui n’ait la délicatesse de ne pas altérer le monde que l’on veut nommer, fût-ce au prix d’une apparente candeur technique ou stylistique. Ni vol du réel, ni égocentrisme, on y entrevoit le plaisir d’être contemporain d’un artiste et de son oeuvre. Alors si la photographie est un fait (pris) depuis un point fixe, (placé) sur un point fixe, disons que Bruno Boudjelal s’occupe aussi de ce qui est entre les deux, et que l’on nommera le paysage intérieur.

 

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Commissariat : Thomas Doubliez

 

Bruno Boudjelal
Téléchargez la biographie de l’artiste

Franco-Algérien. Né en 1961 à Montreuil.
Vit et travaille à Paris et en Afrique.

Français d’origine algérienne, il pratique la photographie comme un mode de vie qui interroge sans cesse sa propre identité et nous confronte à la nôtre.

Lorsque son père décide de retourner en Algérie, il l’accompagne et découvre à la fois un pays, une famille, un monde traversé de violences, des paysages qui lui parlent et des individus avec lesquels il dialogue sans savoir vraiment comment se situer. De là dix années d’exploration très personnelle de l’Algérie, entre carnet de voyage et témoignage, qui vont l’amener à passer du noir et blanc à la couleur, à assumer de plus en plus le fait que son point de vue n’est que subjectif, marqué par son histoire personnelle, mais curieux de mettre en perspective le quotidien et l’Histoire.

Lorsqu’il décide que ce travail en Algérie est terminé, il le structure sous forme d’exposition, de projection et de livre, puis décide de se concentrer sur l’Afrique.

Tendu entre deux continents, entre deux cultures, il est simplement généreux et revendique sa capacité à comprendre et à transcrire une complexe problématique entre le Nord et le Sud.

22. novembre 2014 par thomasdoubliez
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Exposition Andrea et Magda
« The Palestinian Dream »

Thomas Doubliez – TD Galerie
A le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition

Vernissage: 05, Novembre, 2014   /   18:00 – 21:00
05/11/2014 – 30/11/2014  (du Mardi au Samedi)
12:00 – 19:00
TD Galerie,  12 rue Léopold Bellan, 75002, Paris

 

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En quelques décennies, la représentation des Palestiniens s’est construite autour du conflit, dans le décor des intifada, des camps de réfugiés, et des bombardements israéliens à Gaza : bien que ces récits soient nés de faits réels, ils ont largement contribué à figer l’imaginaire de représentation du peuple palestinien.

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Les photographies de la série Palestinian Dream évoquent une toute autre vision, celle d’une réalité naissante dans le contexte de la transformation de la société palestinienne. On y retrouve tous les signes d’une société occidentalisée et mondialisée : sa classe moyenne enthousiaste, sa business culture, ses fast-food et ses gym center, sans oublier son identité propre et séduisante. Une vitrine entretenue par les élites palestiniennes, qui ne saurait faire oublier le quotidien d’un pays vivant sous occupation : dans ce décor aux couleurs vives et naïves, les chimères d’un bonheur calibré laissent bientôt poindre un malaise, un doute dérangeant, comme un sourire forcé.

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 Les codes les plus accrocheurs de la télé-réalité et de la publicité, omniprésente dans le paysage, se butent à un profond sentiment d’invraisemblance, de disparition du réel.

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Une esthétique hors sol, écrite à quatre mains, où scènes urbaines incantatoires et plans rapprochés aux tons acides, invitent au scepticisme. Un scepticisme qu’Andrea et Magda partagent avec nous, comme avec les palestiniens, parmi lesquels ils vivent depuis 2009.

Commissariat : Thomas Doubliez

 

Andrea et Magda

Andrea et Magda sont un duo-photographes de France et en Italie, respectivement nés en 1976 et 1986. Ils étaient basés dans les Territoires palestiniens entre 2008 et 2014, où ils ont effectué leur premier projet à long terme « palestinien Dream », qui explore l’illusion de normalité créé par la mondialisation et la libéralisation de l’économie. Ils sont maintenant basés entre Marseille et Bethléem, et ils ont commencé à travailler sur un nouveau projet dans le Sinaï, en Egypte, en mettant l’accent sur l’industrie du tourisme effondrement.

22. novembre 2014 par thomasdoubliez
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Exposition Bruno Boudjelal
« Les paysages du départ »

Thomas Doubliez – TD Galerie
A le plaisir de vous convier au vernissage de l’exposition

Vernissage: 03, Octobre, 2013   /   18:00 – 21:00
04/10/2013 – 12/10/2013  (du Lundi au Samedi)
11:00 – 19:00
TD Galerie,  29 rue de Trévise, 75009, Paris ( galerie-t)

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Dos à l’Afrique, face aux rives européennes de l’Espagne et de l’Italie, B. Boudjelal tourne et retourne sur les lieux d’où embarquent les migrants clandestins. Il photographie des paysages blancs qui fixent en une même photographie l’éblouissement de la lumière, la disparition du paysage et les constructions du souvenir. Initié par François Cheval et le musée Niépce, cette série trouve aujourd’hui sa forme complète de 19 tirages. Elle rejoint l’ important corpus algérien et africain de Boudjelal qui depuis « Jours intranquilles »ne cesse de questionner ses liens au nord et sud de la Méditerranée.

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      En  contrechamp à cette série, Harragas, vidéo réalisée à partir de films de téléphones portables de candidats à l’exil  lors de leur traversée vers l’Europe. Des « voyageurs » qui partent d’Algérie  pour l’Espagne ou la Sardaigne, enregistrent ainsi leur aventure et, grimaçante métaphore, utilisent également leur téléphone pour s’orienter vers les antennes des réseaux de communication européens.

      Portable,  témoin d’un genre nouveau: on n’oserait parler de téléphone arabe, qui des premières images de la prison d’Abu Ghraib en Iraq aux derniers développements des révolutions arabes, fait bouger durablement les lignes éthiques, esthétiques et politiques de l’image dans le monde arabe. C’est aussi le propos de cette vidéo.

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Harraga est un mot qui en arabe nord-africain veut dire brûler. On désigne ainsi les jeunes qui quittent les rives du Maghreb, qui brûlent la route, qui brûlent leurs papiers, pour essayer de rejoindre l’Europe sur des bateaux de fortune.

En Algérie, ils partent essentiellement de deux régions, à l’est celle d’Annaba pour se rendre en Sardaigne et à l’ouest celle d’Oran pour se rendre en Espagne.

Cette série de photographies a été réalisée le long des côtes de ces deux régions où j’ai effectué toute une série de paysages des lieux d’où patent les «  Harragas  «.

Ces paysages du départ sont une évocation de la dernière image restant à l’esprit de celui qui quitte son pays natal.

 

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HARRAGAS et Téléphones mobiles
Avant de prendre la mer les  » harragas » demandent à des Algériens vivant en Espagne ou en Italie de leur envoyer des cartes SIM espagnoles ou italiennes.

Une fois en possession de ces cartes SIM, ils les mettent dans leurs téléphones portables avant de prendre la mer. C’est ainsi qu’ils tenteront de se diriger au cours de leur traversée en consultant régulièrement leur téléphone pour voir s’ils ont du réseau et donc savoir s’ils se rapprochent des côtes espagnoles ou italiennes.

Le téléphone portable a donc un rôle et une fonction très importante lorsque les « harragas » tentent de traverser la mer pour venir en Europe. Mais il leur donne aussi la possibilité de photographier et de filmer leur périple. Cela leur permet de garder une trace de leurs aventures qu’ils pourront montrer ou bien envoyer à ceux restés au pays.

C’est ainsi par hasard, grâce à un ami travaillant dans une association pour la jeunesse en Algérie « RAJ », que j’ai appris l’existence de ces petits films qui circulaient au pays dans la famille ou parmi les amis de ceux qui sont partis  » brûler la route « . Grâce à cet ami, j’ai pu en récupérer quelques-uns.

 

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Actualité B.Boudjelal à Marseille 2013

1/ B.Boudjelal invité de Marseille 2013 et la friche de la Belle de Mai dans le cadre d’un festival « les Rencontres à l’Échelle » organisé par les Bancs Publics à exposer « Jours Intraquilles » son travail  précédant travail sur l’Algérie (1999-2003)
*Téléchargez le PDF

2/ Une résidence avec Sid Ahmed Semiane (SAS). Invités par Marseille 2013 à continuer ces correspondances dans le cadre d’un projet intitulé « Roman feuilleton  » (http://www.mp2013.fr/evenements/2013/01/le-roman-feuilleton-les-mystere-de-la-capitale/).
*Téléchargez le PDF

3/ Vidéo sur les Harragas  présentée à Marseille dans l’exposition « Le Pont » au MAC jusqu’au 20 octobre.
*Téléchargez le PDF

 

Bruno Boudjelal
Téléchargez la biographie de l’artiste

Franco-Algérien. Né en 1961 à Montreuil.
Vit et travaille à Paris et en Afrique.

Français d’origine algérienne, il pratique la photographie comme un mode de vie qui interroge sans cesse sa propre identité et nous confronte à la nôtre.

Lorsque son père décide de retourner en Algérie, il l’accompagne et découvre à la fois un pays, une famille, un monde traversé de violences, des paysages qui lui parlent et des individus avec lesquels il dialogue sans savoir vraiment comment se situer. De là dix années d’exploration très personnelle de l’Algérie, entre carnet de voyage et témoignage, qui vont l’amener à passer du noir et blanc à la couleur, à assumer de plus en plus le fait que son point de vue n’est que subjectif, marqué par son histoire personnelle, mais curieux de mettre en perspective le quotidien et l’Histoire.

Lorsqu’il décide que ce travail en Algérie est terminé, il le structure sous forme d’exposition, de projection et de livre, puis décide de se concentrer sur l’Afrique.

Tendu entre deux continents, entre deux cultures, il est simplement généreux et revendique sa capacité à comprendre et à transcrire une complexe problématique entre le Nord et le Sud.

18. septembre 2013 par thomasdoubliez
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Vanessa Winship/She Dances on Jackson

Vanessa Winship

« Là-bas: une odyssée américaine. »

Ma découverte de la photographie de Vanessa Winship commence par les Balkans. Quand elle part s’établir à Belgrade tout juste bombardée par les Américains. Pas d’acte de bravoure particulier, pas non plus d’images de ponts cassés ou de manifestations de masse contre cette intervention. Plutôt une distance très juste avec le journalisme, un refus de nourrir l’actualité de la presse au profit d’un récit plus nuancé ou les cultures et les rites sont les métaphores des pays traversés. Sur la durée, il en ressort un respect et un humanisme qui parlent mieux et plus durablement que la collection d’images de presse censées symboliser l’histoire en marche dans les Balkans. Et aussi une très légère nostalgie nous rappelle tout simplement qu’en matière d’histoire, être contemporain c’est avoir aussi un peu de mémoire.

J’allais avoir la confirmation de la singularité de son approche photographique dans ses travaux suivants : « Imagined States and Desires » et « La mer Noire ». Centrés respectivement sur le regain de la culture slave à la chute de l’Empire soviétique, puis sur le rôle central d’Istanbul dans cette région du monde. Réinvention des paysages visités, folie douce de gens coincés dans une époque qui n’est plus la leur, rassemblement tout aussi « doux dingue » de gens qui se réclament d’une culture bien plus ancienne qu’ils rejouent sans bien savoir comment était l’originale. La documentation du monde se fait délibérément en marge du photojournalisme classique. Il importe moins d’être le dernier témoin d’un monde que de chercher les signes et l’émergence de celui qui  naît aujourd’hui. Avec  le choix  de faire dialoguer des époques et des lieux différents en toute liberté.

Un dialogue qui se poursuit au travers du portrait qu’elle organise de façon ouvertement frontale et symétrique avec ses sujets. La série « Sweet Nothings », exposée à Arles par Christian Lacroix, sera le premier ensemble de portraits mis en forme.  Avec un paradoxe particulièrement éclairant : l’uniforme que porte ces jeunes filles, accessoire récurrent de toutes les photographies, loin d’être le moyen d’un nivellement, révèle la singularité de chacune. Une photographie qui n’est pas seulement une réponse à l’ambiguïté politique d’Ankara éduquant les enfants dans une politique ultime d’assimilation, mais  l’affirmation du droit à une identité individuelle qui se voit ici énoncée; la  fin de l’interchangeabilité des individus au sein d’une même population : une définition de l’anti racisme en somme.

Ces images ont rejoint les collections de la National Portrait Gallery. Une invitation à lire le travail de Vanessa Winship comme proprement anglais. Là encore, elle fait preuve de liberté  et s’échappe en partie. Bill Brandt et

Lewis Carroll sont présents derrière ses portraits tout autant que la photographie albanaise de la première moitié du XXème siècle.

C’est cette photographie à la fois très respectueuse des individus et très imaginative dans ses références historiques qu’elle nous propose d’étendre à un travail sur l’Amérique aujourd’hui. Une Amérique en crise, traditionnellement formidable machine à produire des images. Plus que toutes réflexions sur l’individualisme ou la solitude, se posera, à la façon d’un personnage de Wim Wenders dans « State of Things », la question de l’homme américain, éternel  survivant d’un monde à venir.

 

Thomas Doubliez

17. juin 2013 par thomasdoubliez
Catégories: Photographes, Vanessa Winship | Laisser un commentaire